Cette question n’est pas tirée d’un mauvais roman d’anticipation sur le devenir de nos rémunérations à Bercy mais tout simplement le constat d’une réalité déjà bien présente dans notre administration.
En effet, l’incertitude qui perdure au Moyen-Orient depuis plusieurs semaines a ouvert une période de forte inflation avec des répercussions sur chacune et chacun d’entre nous. Pour répondre à cette conjoncture, la loi impose au gouvernement une revalorisation automatique du SMIC. Il sera ainsi augmenté de 2,41 % pour être relevé de 1823,03 € à 1867,02 € par mois ce qui équivaut à l’indice 379 dans les grilles fonction publique. Et oui, vous l’aurez bien compris, tous les agents qui n’auront pas encore atteint cet indice au 1er juin 2026 seront payés sous le SMIC. De facto, tous les agents détenant un des
– 10 premiers échelons (sur 11) du premier grade du C
– 7 premiers échelons du second grade du C
– 3 premiers échelons du troisième grade du C
– 5 premiers échelons du premier grade du B
– 2 premiers échelons du second grade du B
auront une paie inférieure au salaire minimum versé aux travailleurs du privé et du public en France sous lequel il est interdit de rémunérer un salarié… et pourtant, cette situation précaire dans laquelle un grand nombre d’agents vont se retrouver sera bien réelle. Alors que décidera le gouvernement pour ne pas être hors la loi ? Revoir les grilles indiciaires qui, en dépit, d’un maigre rehaussement de 5 points d’indice au 1er janvier 2024 restent encore fortement tassées ? Augmenter la valeur du point d’indice qui, depuis 16 ans, n’a évolué que 5 fois (+0,5 % en juillet 2010, +0,6 % en juillet 2016, +0,6 % en février 2017, +3,5 % en juillet 2022 et +1,5 % en juillet 2023) alors que sur la même période l’inflation se monte à plus de 27 % ?
Rien de tout cela. Le gouvernement va devoir recourir, comme en début d’année, à l’indemnité différentielle afin de garantir qu’aucun agent public ne soit rémunéré en dessous du SMIC. Ce mécanisme bénéficiera à tous les agents rémunérés jusqu’à l’indice 379 inclus. Ce dispositif qui, pour la Fédération CFTC Finances, ne peut être que temporaire compense une part du traitement indiciaire sans être intégré à celui-ci. De fait, il n’entre pas dans le calcul de certains droits et cotisations et notamment celle de la retraite.
Après le gel régulier du point d’indice, le tassement des grilles indiciaires, le retour du jour de carence en cas de maladie en vigueur depuis le 1er janvier 2018, la fin de la GIPA versée pour la dernière fois en 2023 et la perte de 10 % de votre rémunération pendant les 3 premiers mois de congé maladie ordinaire depuis le 1er mars 2025, le recours à l’indemnité différentielle conduit à une paupérisation de plus en plus importante de tous les agents et en particulier ceux en bas des grilles indiciaires.
Pour la Fédération CFTC Finances, il est urgent d’ouvrir des discussions sur la rémunération des agents. Le gouvernement ne peut laisser perdurer un tel décrochage salarial des agents. Notre Fédération revendique une revalorisation significative de la valeur du point d’indice destinée à compenser les effets de l’inflation, son indexation sur la valeur de l’inflation pour enfin garantir un salaire décent aux agents les plus modestes et l’actualisation des grilles indiciaires avec l’attribution de 40 points d’indices supplémentaires pour tous les agents.
Ces mesures ne seront que la juste reconnaissance du haut niveau de technicité, d’expertise et d’engagement des agents.