Austérité budgétaire : Bercy de nouveau exemplaire

Le gouvernement a annoncé jeudi 28 mai la suppression de 847 M€ (dont 407 M€ seront consacrés au financement des mesures d’aide aux gros rouleurs et au versement du chèque énergie) de crédits budgétaires et le gel de 3,2 Mds d’€ des crédits pour faire face aux conséquences du contexte actuel au Moyen-Orient.

Selon le gouvernement, ces dispositifs doivent contribuer à anticiper les conséquences de la crise actuelle mais aussi à ne pas aggraver davantage le déficit public. Pour y parvenir, tous les ministères, à l’exception de celui des Outre-mer, seront mis à contribution.

Si l’annulation des crédits est devenu une habitude pour tenter de maintenir le déficit dans les limites déterminées par l’Union Européenne, la contribution des ministères soulève des interrogations. Ainsi le ministère de l’Action Publique supportera à lui seul 28 % de l’effort soit 235 M€ sur les 847 M€ supprimés. Le gouvernement tient à souligner que cet effort demandé au ministère de l’Action Publique doit être nuancé dans le sens où il intègre la baisse de la participation de l’État au financement des régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP. Le gouvernement a bloqué cette dépense inscrite au budget pour éviter un effet de redéploiement vers de nouvelles dépenses.

L’annulation des crédits conduira nécessairement à des choix difficiles. Ainsi, à titre d’exemple, les investissements en matière d’écoresponsabilité ou encore les travaux d’aménagement mais aussi l’Action sociale pourraient faire les frais de ces nouvelles contraintes budgétaires.

Pour la Fédération CFTC Finances, le redéploiement des crédits vers les mesures d’aide reste imparfait mais il permettra à certains de nos collègues d’en bénéficier.

Pour la Fédération CFTC Finances, participer à l’effort de réduction de la dette, c’est OUI. Mais que ce soit au détriment des conditions de travail, c’est NON.

Bercy est déjà le ministère exemplaire en termes de suppression d’emplois. Il le devient aussi en termes de crédits de fonctionnement.

L’annulation des crédits complémentaires impactera encore un peu plus les conditions de travail et le quotidien de nos collègues déjà fortement dégradés.